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La polyphonie : le nombre de notes que le piano peut faire sonner en même temps

Sur la fiche d'un piano numérique, un chiffre revient toujours : 32, 64, 128, 192 ou 256 notes. C'est sa polyphonie, le nombre de notes qu'il peut faire sonner à la fois — celles que l'on joue, et celles que la pédale de droite fait durer. Cette page explique quand ce nombre compte, lequel convient selon ce que vous jouez, et quel modèle du blog se situe à chaque niveau.

En quelques lignes

32 notes conviennent à un clavier de découverte : une mélodie et son accompagnement. 64 notes couvrent largement les premières années de piano, pédale enfoncée comprise. 128 notes laissent la pédale tenir sur les passages chargés. 192 et 256 notes donnent une large marge : rien ne se coupe, même sur les pièces les plus denses. Le nombre compte quand la pédale reste enfoncée et que les notes s'accumulent ; le reste du temps, ce sont le toucher et le son qui se sentent.

Ce que veut dire « 64 notes en même temps »

Un piano numérique produit chaque note comme un petit enregistrement qui se joue, puis s'éteint. Il en fait sonner un nombre limité à la fois : c'est sa polyphonie. Une note comptée reste comptée tant qu'elle sonne — pendant qu'on tient la touche, pendant que la pédale de droite la prolonge, et pendant qu'elle finit de s'éteindre après avoir été relâchée.

Le total monte vite. Voici ce qui remplit ce compte :

  1. La pédale de droite : enfoncée, elle fait durer chaque note jouée. Sur un passage de plusieurs mesures, des dizaines de notes vibrent encore et sont toutes comptées.
  2. Deux sons superposés (un piano et des cordes, par exemple) : chaque touche fait sonner deux notes, le total se remplit deux fois plus vite.
  3. L'accompagnement automatique d'un clavier arrangeur : la batterie, la basse et les accords qu'il joue tout seul comptent dans le même total que votre mélodie.
  4. La résonance des cordes, que certains pianos reproduisent quand on maintient la pédale : les notes se mélangent et s'enrichissent, et cette richesse occupe elle aussi de la place.

Ce qui se passe à la limite : quand le compte est plein et qu'une nouvelle note arrive, le piano laisse s'éteindre les plus anciennes pour lui faire de la place. Sur un accord tenu à la pédale, on entend alors une note disparaître un peu avant les autres. C'est discret sur un clavier de découverte, où les morceaux en demandent une quinzaine ; c'est ce qui se sent sur une grande pièce romantique jouée avec beaucoup de pédale.

Ce qui remplit le compte, geste par geste

Ce que vous faites Ce qui se passe dans le total
Vous jouez une note et la relâchez, sans pédaleElle compte le temps de s'éteindre, puis libère sa place
Vous jouez une note, pédale de droite enfoncéeElle compte tant que la pédale reste enfoncée
Vous plaquez un accord et gardez la pédaleChaque note de l'accord reste comptée ; les suivantes s'ajoutent par-dessus
Vous superposez deux sons, un piano et des cordesChaque touche compte pour deux notes
Vous jouez avec l'accompagnement automatique d'un clavier arrangeurLa batterie, la basse et les accords du clavier comptent avec votre mélodie
Vous jouez au casque plutôt que sur les haut-parleursLe compte reste le même : il se fait dans le piano, avant le son qui sort

Les sept niveaux — quand ça suffit, quand la limite se sent

Pour chaque niveau : ce qu'il couvre, ce qui fait sentir sa limite, et les modèles du blog qui s'y trouvent. Le nombre de chaque modèle vient de sa fiche.

32 notes
les claviers de découverte
Ce que ça couvre

Une mélodie avec son accompagnement automatique, les comptines, les exercices et les premiers morceaux d'un débutant : ils en demandent une quinzaine.

Où la limite se sent

Les grandes pièces jouées avec beaucoup de pédale : les notes les plus anciennes s'éteignent avant l'heure.

Les modèles du blog à ce niveau
48 notes
les claviers à accompagnement
Ce que ça couvre

Une mélodie avec ses accords par-dessus l'orchestre automatique du clavier, qui compte dans le même total.

Où la limite se sent

Un accompagnement très fourni avec beaucoup de notes tenues : les plus anciennes s'arrêtent un peu plus tôt, ce qui s'entend en y prêtant attention.

Les modèles du blog à ce niveau
64 notes
les premières années de piano
Ce que ça couvre

La méthode, les morceaux classiques ou de variété des premières années, pédale enfoncée comprise.

Où la limite se sent

Les grandes pièces romantiques et les œuvres de concert, avec de grands accords tenus à la pédale.

Les modèles du blog à ce niveau
96 notes
une marge en plus
Ce que ça couvre

Les accords tenus à la pédale sonnent jusqu'au bout sur le répertoire des premières années et au-delà.

Où la limite se sent

Les œuvres les plus chargées jouées pédale enfoncée.

Les modèles du blog à ce niveau
128 notes
la pédale tient sur les passages chargés
Ce que ça couvre

Les accords tenus à la pédale sonnent en entier, les deux mains sur un passage chargé : plus qu'il n'en faut pour les morceaux d'un amateur.

Où la limite se sent

Les pièces de concert les plus denses, jouées pédale enfoncée d'un bout à l'autre.

Les modèles du blog à ce niveau
192 notes
une large marge
Ce que ça couvre

Un morceau rapide qui accumule des dizaines de notes encore vibrantes, pédale enfoncée : aucune note ne s'éteint avant l'heure.

Où la limite se sent

En pratique, le pianiste amateur atteint rarement cette limite.

Les modèles du blog à ce niveau

Le nombre qui convient, selon ce que vous jouez

Le repère à retenir : plus le morceau garde la pédale enfoncée longtemps, plus il faut de notes en même temps.

Ce que vous jouez Le nombre qui convient Par exemple
Des comptines, une mélodie avec l'accompagnement automatique, sur un clavier de 61 touches32 notesCasio Casiotone CT-S100, Donner DEK-610S Superkit
Une mélodie et ses accords par-dessus un orchestre automatique fourni48 notesYamaha PSR-E383, Casio Casiotone CT-S400
Les exercices, la méthode et les premiers morceaux classiques sur 88 touches, pédale comprise32 à 64 notesClassic Cantabile DP-50, Yamaha P-145BT, Casio CDP-S110
Le répertoire des premières années et au-delà, avec des accords tenus à la pédale64 à 128 notesYamaha ARIUS YDP-105, Roland FP-10, Donner DDP-80
Des passages chargés, les deux mains, la pédale qui tient sur plusieurs mesures128 à 192 notesAlesis Recital, Yamaha P-225, Casio Privia PX-S1100
Les grandes pièces romantiques et les œuvres de concert, pédale enfoncée d'un bout à l'autre192 à 256 notesRoland FP-30X, Roland F107, Donner OURA S100

Ce que l'on entend quand la limite est atteinte

Quand le compte est plein et qu'une nouvelle touche est enfoncée, le piano libère une place pour la jouer : il laisse s'éteindre la note la plus ancienne, en général celle qui finissait déjà de résonner. Sur la plupart des morceaux, cette note était déjà presque inaudible et l'oreille laisse passer.

Quand ça se remarque

La coupure s'entend quand la note retirée sonnait encore franchement, dans un accord tenu à la pédale :

  • Une note s'arrête d'un coup au lieu de s'éteindre doucement
  • L'accord s'amincit : une des notes graves qui le portaient s'est tue
  • Le son perd de sa rondeur sur les passages où la pédale reste enfoncée longtemps

Pourquoi la pédale change tout

Une note jouée sans pédale s'éteint d'elle-même et rend sa place aussitôt. Une note jouée pédale enfoncée continue de sonner tant que le pied reste posé : pendant tout ce temps, elle occupe sa place. Un long passage à la pédale accumule ainsi des dizaines de notes encore vibrantes. C'est ce qui fait qu'un même piano tient sans peine une méthode de débutant et se trouve à la limite sur une grande pièce romantique.

Quatre repères pour lire ce chiffre

Le chiffre compte surtout pédale enfoncée

Une note relâchée sans pédale s'éteint d'elle-même et libère sa place. Avec la pédale de droite enfoncée, chaque note continue de sonner et reste comptée : c'est là que le total grimpe, et c'est là que la limite se sent.

Au-delà de ce que vous jouez, c'est de la marge

Un piano qui tient 192 ou 256 notes laisse une large réserve : sur les morceaux d'un amateur, la limite reste hors de portée. Le gain d'un niveau à l'autre s'entend sur les pièces très chargées, jouées avec beaucoup de pédale — et là seulement.

Le toucher et le son se choisissent d'abord

Des touches lestées — elles pèsent sous le doigt comme celles d'un piano — et un son de piano qui vous plaît font la différence à chaque minute de jeu. La polyphonie compte ensuite, pour le jour où le répertoire se charge. Le guide pour choisir met ces critères dans l'ordre.

Deux sons superposés comptent double

La plupart des pianos du blog savent superposer deux sons, un piano et des cordes par exemple. Chaque touche fait alors sonner deux notes à la fois, et le total se remplit deux fois plus vite.

Trois situations où le nombre compte

Deux sons superposés : un piano et des cordes

La plupart des modèles du blog permettent de superposer deux sons sur tout le clavier, par exemple un piano doublé de cordes. Chaque touche fait alors sonner deux notes à la fois : un piano qui en tient 64, comme le Yamaha P-145, en garde alors 32 sous les doigts, pédale comprise. Pour une mélodie habillée de cordes, c'est amplement suffisant ; pour un morceau chargé joué avec la pédale, un modèle à 128 notes ou plus reste à l'aise.

L'accompagnement automatique d'un clavier arrangeur

Sur un Yamaha PSR-E383 ou un Casio CT-S400, l'orchestre automatique — batterie, basse, accords — joue tout seul sous votre mélodie, et ses notes comptent dans les 48 du clavier. Avec un accompagnement très fourni et beaucoup de notes tenues, les plus anciennes s'arrêtent un peu plus tôt, ce qui s'entend en y prêtant attention. Pour une mélodie avec ses accords, la marge reste large.

Le son de piano calculé du Roland FP-90X

Le Roland FP-90X fabrique ses sons de piano par le calcul, au lieu de rejouer un enregistrement. Sur ces sons de piano, le nombre de notes en même temps est illimité : pédale enfoncée sur un morceau dense, tout continue de sonner. Sur ses autres sons, il tient 256 notes, ce qui suffit à tout répertoire.

Les questions qu'on se pose sur la polyphonie

Combien de notes en même temps pour commencer le piano ?

64 notes couvrent largement les premières années sur un piano de 88 touches, pédale enfoncée comprise : c'est le niveau du Yamaha P-145, du Casio CDP-S110 et du Yamaha YDP-105. Les exercices et les morceaux de débutant en demandent une quinzaine : le Classic Cantabile DP-50 et ses 32 notes accompagnent aussi un adulte jusqu'au répertoire intermédiaire.

192 ou 256 notes : la différence s'entend-elle ?

Sur les morceaux d'un amateur, ces deux niveaux laissent tous deux une large marge : rien ne se coupe, même pédale enfoncée sur un passage chargé. La différence se cherche sur les pièces de concert les plus denses. Ce qui départage un Yamaha P-225 et un Roland FP-30X, ce sont d'abord le toucher et le son de chacun.

Sur une grande pièce romantique, mon piano à 64 notes laisse s'éteindre des notes : pourquoi ?

Avec de grands accords tenus à la pédale, le compte se remplit et le piano laisse s'éteindre les notes les plus anciennes. La fiche du P-145 le dit : 64 notes couvrent les premières années, et la limite se sent sur les œuvres de concert. Le jour où ce répertoire devient le vôtre, le P-225 (192 notes) et le FP-30X (256 notes) reprennent le format portable avec la marge en plus ; le guide sur le moment de changer de piano aide à le décider.

Le nombre change-t-il quand je joue au casque ?

Il reste le même : le compte se fait dans le piano, avant que le son parte vers les haut-parleurs ou vers le casque. Le guide du casque aide à en choisir un.

Pourquoi un clavier arrangeur affiche-t-il 48 notes ?

Parce que ses 48 notes se partagent entre votre jeu et l'accompagnement automatique — batterie, basse, accords — que le clavier joue tout seul. Pour une mélodie avec ses accords, c'est bien plus qu'il n'en faut. Pour travailler du piano avec la pédale, un piano de 88 touches à 64 notes ou plus convient mieux.

Le Roland FP-10 et ses 96 notes, face au Yamaha P-145 et ses 64 ?

Les deux couvrent les premières années ; le FP-10 garde une marge en plus quand les accords tenus à la pédale s'accumulent. Entre les deux, ce sont surtout les touches et le son qui se sentent à chaque minute de jeu : le comparatif Yamaha P-145 ou Roland FP-10 les met côte à côte.

Quand la polyphonie devient-elle un critère de choix ?

Quand le répertoire se charge : grandes pièces romantiques, œuvres de concert, pédale enfoncée sur plusieurs mesures. Avant, le toucher et le son pèsent bien plus dans le plaisir de jouer. Un adulte qui commence choisit d'abord des touches lestées et un son de piano qui lui plaît, et regarde ce chiffre ensuite.

Pour aller plus loin

Tous les critères, dans l'ordre
Comment choisir son piano numérique →
Ce qui se sent sous les doigts
Les touches lestées, expliquées →
La pédale qui fait durer les notes
La pédale de droite, expliquée →
De 64 à 192 notes chez Yamaha
Yamaha P-145 ou P-225 →
192 et 256 notes côte à côte
Yamaha P-225 ou Roland FP-30X →
Pour jouer sans déranger
Choisir un casque pour son piano →

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