FAQ — les mots techniques du piano numérique
13 questions pour comprendre ce qu'une fiche technique raconte : les touches lestées, les notes en même temps, les noms que Yamaha, Roland et Casio donnent à leurs mécaniques et à leurs sons, le Bluetooth, la prise casque, les pédales et les haut-parleurs — à chaque fois avec les pianos du blog qui les portent.
64, 128, 192 ou 256 « notes en même temps » : c'est important ?
C'est ce que les fiches appellent la polyphonie : le nombre de notes que le piano peut faire sonner à la fois. Quand on garde la pédale enfoncée, chaque note qui résonne encore compte, et un morceau chargé en accumule vite des dizaines. Le Yamaha P-145BT et le Yamaha ARIUS YDP-105 en tiennent 64, ce qui couvre largement les premières années ; la limite se sent sur les grandes pièces romantiques jouées pédale enfoncée. Le Roland FP-10 en tient 96, l'Alesis Recital 128, le Yamaha P-225 et le Casio Privia PX-S1100 192 : de quoi laisser une large marge. Le Roland FP-30X et le Roland FP-60X en tiennent 256, et sur les huit pianos calculés du Roland FP-90X, le nombre est illimité. Les notes en même temps, expliquées.
Que veut dire « touches lestées » et « mécanique à marteaux » ?
Sur un piano acoustique, chaque touche soulève un petit marteau qui va frapper une corde : la touche résiste sous le doigt, et davantage dans les graves que dans les aigus. Un piano numérique à touches lestées cache un petit marteau sous chaque touche pour reproduire ce poids ; quand il est « gradué », les touches du bas sont un peu plus lourdes que celles du haut, exactement comme sur un piano. C'est le cas de tous les pianos de 88 touches lestées du blog, du Yamaha P-145BT au Roland FP-90X. L'Alesis Recital a des touches dites semi-lestées : alourdies, nettement distinctes d'un clavier léger, mais plus faciles à enfoncer que celles d'un piano acoustique, et du même poids des graves aux aigus. Les mécaniques, expliquées.
GHS, Graded Hammer Compact : les mots de Yamaha
Ce sont les noms que Yamaha donne à ses claviers à marteaux. GHS, pour Graded Hammer Standard, équipe le Yamaha ARIUS YDP-105 : un clavier à marteaux dont le poids est gradué du grave à l'aigu, celui des modèles ARIUS situés juste au-dessus. Graded Hammer Compact — « marteaux gradués, en version compacte » — équipe le Yamaha P-145BT et le Yamaha P-225 : le même principe, logé dans un piano qui se pose sur une table. Dans les trois cas, les touches sont plus lourdes dans les graves que dans les aigus, et réagissent à la force de la frappe. Les Yamaha du blog.
PHA-4, PHA-50 et « trois capteurs » : les mots de Roland
PHA-4 Standard est le clavier à marteaux du Roland FP-10, du Roland FP-30X et du Roland FP-60X : des touches lestées plus lourdes dans les graves, une surface façon ivoire sur les touches blanches et, sur le Roland FP-10 et le Roland FP-60X, le petit cran d'un piano à queue que l'on sent dans la course de la touche. Chaque touche est suivie par trois capteurs : le piano mesure finement la vitesse de la frappe et permet de rejouer une note vite, avant qu'elle soit remontée, ce qui compte quand une même note se répète vite. PHA-50, sur le Roland FP-90X, ajoute un cœur en bois sous une coque composite, des flancs en bois et une surface façon ébène et ivoire. Les mécaniques, expliquées.
Son enregistré ou son calculé (CFX, AiR, SuperNATURAL, PureAcoustic) : que choisir ?
La plupart des pianos numériques rejouent l'enregistrement, note par note, d'un piano acoustique. Le Yamaha P-145BT rejoue le CFIIIS, un piano à queue de concert Yamaha ; le Yamaha P-225 rejoue le CFX, le piano de concert des grandes salles ; le Yamaha ARIUS YDP-105 un piano à queue Yamaha enregistré en stéréo ; le Casio Privia PX-S1100 utilise le procédé AiR de Casio. Roland appelle son son SuperNATURAL : sur le Roland FP-10, un piano de concert enregistré à plusieurs forces, qui change de couleur selon la frappe ; sur le Roland FP-30X, chaque note est recalculée au moment où on la joue, si bien que le passage du doux au fort se fait sans saut ; le Roland FP-60X reconstruit de la même façon la résonance d'un piano à queue. Le Roland FP-90X va plus loin avec PureAcoustic : ses huit pianos à queue sont calculés en direct d'après le comportement physique des cordes et de la caisse. Dans tous les cas, on entend un piano ; ce qui change, c'est la finesse des nuances et des résonances.
« Réponse à la frappe » et réglages de sensibilité : à quoi ça sert ?
Sur les pianos du blog, la note sort douce ou forte selon la force avec laquelle on appuie : c'est ce qui permet de travailler les nuances que demandent le professeur et la partition. Le réglage de sensibilité adapte cette réponse à sa main : trois niveaux sur le Yamaha P-145BT et le Yamaha P-225, quatre sur le Yamaha ARIUS YDP-105 et le Roland FP-30X, cinq sur le Roland FP-10 et le Casio Privia PX-S1100, cent degrés sur le Roland FP-60X et le Roland FP-90X. Un réglage « fixe » fait sortir toutes les notes au même volume, utile pour les sons d'orgue ou de clavecin.
Bluetooth ou câble USB : quelle différence ?
Tous les pianos du blog ont une prise USB vers l'ordinateur ou la tablette : avec un câble, l'application de cours voit les notes jouées et corrige en direct ; c'est la liaison la plus stable. Le Bluetooth fait deux choses distinctes, selon le modèle. Le Bluetooth « son » envoie la musique du téléphone dans les haut-parleurs du piano, pour jouer par-dessus : c'est celui du Yamaha P-145BT et du Yamaha P-225, dont les applications se relient par le câble USB. Le Bluetooth « notes » relie les applications sans câble : c'est celui du Roland FP-10, dont la musique de la tablette s'écoute sur la tablette. Le Roland FP-30X, le Roland FP-60X et le Roland FP-90X ont les deux. Sur le Casio Privia PX-S1100, les deux passent par le petit adaptateur WU-BT10 fourni, branché sur la prise USB. Le Yamaha ARIUS YDP-105 et l'Alesis Recital se relient par le câble USB.
Mon piano marche-t-il avec les applications de cours et les logiciels de musique ?
Oui : la prise USB vers l'ordinateur ou la tablette, présente sur tous les pianos du blog, envoie les notes jouées à l'application, qui les affiche et les corrige. Chaque marque a la sienne, gratuite : Smart Pianist chez Yamaha, sur le Yamaha P-145BT, le Yamaha P-225 et le Yamaha ARIUS YDP-105, avec 303 morceaux et leur partition sur les deux premiers ; Roland Piano App sur les Roland ; Casio Music Space sur le Casio Privia PX-S1100. Les applications de cours comme Skoove, Simply Piano ou GarageBand fonctionnent de la même façon, par le câble USB ou, sur les pianos qui l'ont, par le Bluetooth « notes ». L'Alesis Recital est livré avec trois mois de Skoove Premium et 100 leçons Melodics.
Prise casque grand format (6,35 mm) ou petit format (3,5 mm) ?
Le grand format, 6,35 mm, est celui des casques de musique ; le petit, 3,5 mm, celui des écouteurs de téléphone. Le Yamaha P-145BT et l'Alesis Recital ont une prise 6,35 mm, le Yamaha P-225 et le Yamaha ARIUS YDP-105 en ont deux, pour écouter à deux : un casque de téléphone s'y branche avec un petit adaptateur, souvent livré avec le casque. Le Roland FP-10 a une prise 3,5 mm, à l'arrière, et le Casio Privia PX-S1100 deux prises 3,5 mm sur le côté. Le Roland FP-30X, le Roland FP-60X et le Roland FP-90X ont les deux formats. Au casque, le Yamaha P-225 (optimiseur stéréophonique), le Roland FP-60X (mode 3D) et le Roland FP-90X retravaillent le son pour qu'il paraisse venir du piano, devant soi, ce qui rend les longues séances plus agréables. Choisir son casque.
Pédale simple, pédale progressive ou trois pédales : laquelle choisir ?
La pédale de droite d'un piano prolonge les notes après qu'on a relâché la touche. L'interrupteur au pied fourni avec le Yamaha P-145BT, le Yamaha P-225, le Roland FP-10 et le Roland FP-30X fait ce travail, enfoncé ou relâché : il suffit pour commencer. Une pédale de piano, en forme de pédale, est plus agréable sous le pied ; certaines réagissent à l'enfoncement du pied, de façon progressive, comme sur un piano acoustique : c'est le cas de la Roland DP-10, fournie avec le Roland FP-60X et le Roland FP-90X, et de la pédale de droite intégrée au Yamaha ARIUS YDP-105. Les trois pédales d'un piano de salon — celle de droite prolonge, celle du milieu tient seulement les notes déjà enfoncées, celle de gauche adoucit — sont intégrées au meuble du Yamaha ARIUS YDP-105 ; l'offre du Casio Privia PX-S1100 ajoute le pédalier SP-34, et le pédalier LP-1 s'ajoute au Yamaha P-225. Sur l'Alesis Recital, la pédale s'achète à part. Choisir sa pédale.
La surface « façon ivoire » des touches, ça change quoi ?
Une surface légèrement mate, qui glisse moins que le plastique lisse quand les doigts chauffent ou transpirent, avec, sur certaines, un léger grain qui retient les doigts. Les touches blanches du Roland FP-10, du Roland FP-30X et du Roland FP-60X imitent l'ivoire ; celles du Roland FP-90X et du Casio Privia PX-S1100 imitent l'ivoire et l'ébène. Sur le Yamaha P-145BT et le Yamaha ARIUS YDP-105, ce sont les touches noires qui ont une finition mate. C'est un confort qui se sent sur les longues séances ; le poids des touches et la réponse à la frappe comptent davantage au moment de choisir.
Réverbération, résonance des cordes : ça change quoi ?
La réverbération donne l'impression de jouer dans une pièce plus ou moins grande : quatre ambiances sur le Yamaha P-145BT, le Yamaha P-225 et le Yamaha ARIUS YDP-105, quatre sur le Roland FP-60X — studio, salon, salle de concert, cathédrale — sur onze niveaux. La résonance des cordes reproduit ce qui se passe dans un piano à queue quand on enfonce la pédale : les autres cordes vibrent en écho, et les notes se mélangent et s'enrichissent. Le Yamaha P-145BT, le Yamaha P-225, le Yamaha ARIUS YDP-105 et le Roland FP-30X la reproduisent à la pédale ; le Roland FP-30X ajoute le son de la touche qu'on relâche, et sur le Roland FP-90X toutes les résonances se répondent, y compris celles des cordes qu'on ne joue pas. Ces effets se règlent, et se baissent si l'on préfère un son plus sec.
6 W, 7 W, 11 W, 13 W ou 25 W de haut-parleurs : qu'est-ce que ça change ?
Le volume que le piano donne sans rien brancher. Deux haut-parleurs de 6 W (Roland FP-10, Yamaha ARIUS YDP-105) ou de 7 W (Yamaha P-145BT, Yamaha P-225) conviennent pour jouer dans une pièce à vivre, à volume normal ; deux de 8 W sur le Casio Privia PX-S1100 remplissent une pièce d'appartement, et les 20 W de l'Alesis Recital un salon. Deux de 11 W sur le Roland FP-30X donnent assez de son pour un salon ; deux de 13 W tournés vers l'avant sur le Roland FP-60X font arriver le son direct, quel que soit le meuble. Le Roland FP-90X embarque quatre haut-parleurs — deux graves de 25 W et deux aigus de 5 W — qui remplissent un salon d'une trentaine de mètres carrés, de quoi accompagner un chanteur sans amplification. Si l'on joue surtout au casque, ce chiffre compte moins que le toucher.